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Comblanchien, mon village, dans le Canton de Nuits St georges » Les carrières et la pierre


Les carrières et la pierre

La pierre de Comblanchien, c’est le pan essentiel de l’histoire de la commune. Les différents exploitants qui se succèdent depuis un siècle et demi environ, ont porté haut le nom de Comblanchien. D’un village pauvre, jusqu’au 19° siècle, ils en ont fait, avec le concours des municipalités, conscientes de cette ressource naturelle qu’est la pierre, un village prospère, malgré les écueils en tout genre, telles que les crises économiques et sociales et les deux conflits mondiaux.

GEOLOGIE
Il y a 165 millions d’années, à la suite de l’effondrement du plateau jurassique de l’extrême bordure est du bassin parisien, une mer s’est formée, dans laquelle se sont solidifiés des boues fines formant ainsi le massif calcaire exploité dans la région. Ce massif calcaire s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres ; on le trouve à Dijon, Besançon, Chaumont et Paris à environ 2000 mètres de profondeur.
La commune de Comblanchien a donné son nom à la fois au calcaire le plus compact et homogène de la Côte d’Or et aux bans de cette formation qui se prêtent le mieux au sciage, polissage, et à la fabrique de dalles ou revêtements.

Le massif calcaire de comblanchien est constitué par un calcaire du Bathonien moyen se présentant en gros bans, blancs à beiges, dont l’épaisseur est de l’ordre de 70 mètres environ, c’est le comblanchien du géologue.

Dans la moitié supérieure qui affleure dans les carrières, on distingue de bas en haut, 5 à 7 mètres de comblanchien vrai, exploité par les carriers en pierre marbrière. Il s’agit de zone se trouvant à environ 30 mètres du sommet du massif. Cette zone est subdivisée par les carriers, en plusieurs bancs de plusieurs décimètres, à partir de points de stratification, où les bancs sont désignés par un numéro et un qualificatif comblanchien clair, clair moucheté( clm ), rosé, moucheté fleuri, fleuri rosé etc..

Jusque vers 1960, l’extraction se faisait par « levage aux coins » après forage de trous parallèles. Les blocs étaient ensuite ébauchés à la main et transportés aux usines pour être débités en tranches nécessaires aux travaux finis ( dallages, revêtements )
Aujourd’hui, l’extraction se fait par sciage à la masse à l’aide de fils hélicoïdales diamantés ; les bocs extraits sont sciés aux chassis monolames.
Un mètre cube de bloc fournit 37 tranches de 2 centimètres d’épais. Théoriquement, le rendement de la masse exploitable est d’environ 30%.
Jusqu’en 1950 environ, peu d’évolution dans la transformation des blocs en produits finis. C’est à cette date qu’apparaissent les premiers disques et chassis à lames diamantées accroissent la production.

Aujourd’hui, les usines construites sur l’aire des carrières sont équipées de chaînes de production, munies de pupitres électroniques, et fournissent produits finis ou semi finis.

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L’HISTOIRE DES CARRIERES

Une exploitation artisanale (1845-1860)
A Comblanchien, comme dans de nombreuses localités de la Côte, la pierre était extraite de quelques trous, sans réglementation précise. Les premiers baux retrouvés dans les archives communales date de 1807, 1811, et 1829 et nous indiquent que ces carrières son relouées ; celle-ci existaient donc avant 1870.

A la fin de l’année 1844, la commune qui est très pauvre, constatant les résultats obtenus par deux carrières privées, et celles qui sont déjà amodiées, souhaitent encourager leur développement. Le projet voit le jour en novembre 1845. Les locations se font à la bougie pour 3, 6, ou 9ans, à l’extinction des feux Les locataires sont des tailleurs de pierre locaux appelés « pierriers » ou « paviers ». L’exploitation est très artisanale et assez rudimentaire.

A partir de 1850, le chemin de fer arrive dans la région; il va transporter la pierre et contribuer dans un premier temps au développement des carrières. La pierre est utilisée dans les ouvrages d’art : ponts mûrs, ainsi que dans la construction de l’église Saint Denis de Nuits St Georges en 1851.
Les carrières rapportent 25 francs en 1845, contre 229 francs en 1856.

Un grand départ (1861-1892)
L’arrivée des frères Rossi originaire du Tessin suisse en 1861, leur famille et du personnel compétent va amorcer le grand départ, qui va dépendre de trois facteurs :
- diffusion sur Lyon et Paris principalement des avis d’adjudication dans les journaux spécialisés, auxquels vont s’intéresser les grands professionnels de la pierre qui vont reprendre les anciennes carrières, s’agrandir, et offrir à la commune des sommes assez substantielles.
Recettes communales en 1871 :2223 F ▪ 1896 : 30000 F.
- arrivée entre 1875 et 1885, d’une main d’œuvre importante venant des régions pauvres des pourtours du sud du Massif Central, de la région Rhône-Alpes, mais aussi d’Italie et du Tessin suisse.
- nouveau matériel : grâce à l’arrivée de l’électricité en 1912; cependant les chevaux destinés à tirer les blocs sur l’aire des carrières ou tracter les véhicules restent en activité jusqu’en 1920 (un exploitant en possède à lui seul 19 ). On dénombre à la fin du 19° siècle cinq exploitants.

De graves crises sociales (1892-1914)
Cette exploitation fulgurante des carrières est émaillée de graves crises sociales ; par l’intermédiaire du syndicat créé en avril 1892 (115 membres) carriers et tailleurs de pierres demandent que des mesures sociales soient prises, afin d’améliorer leur sort et celui de leur famille. En face, un patronat incontournable qui n’a d’ordre à recevoir de personne, mais qui est soumis en 1892 à une réglementation de l’exploitation des carrières.
Anarchisme, syndicalisme, présence italienne (En 1891 sur 543 habitants, 209 sont étrangers dont 115 sont italiens) contribuent à entretenir entre les maîtres-carriers et les ouvriers français des situations conflictuelles auxquelles le maire de Comblanchien et les pouvoirs publics tentent de trouver des solutions. Gendarmes et sous-préfet ainsi que le Procureur de la République se rendent souvent, à l’occasion de ces conflits à Comblanchien. .
La présence italienne est souvent contestée par les ouvriers français ; en raison de leur nationalité, ils sont souvent indifférents à la constitution d’un syndicat, et cette docilité arrange le patronat qui voit en eux un personnel qualifié.
L ‘illustration de cet antagonisme nous en est donné en juin 1894, lorsque le Président de la République Sadi Carnot est assassiné par un anarchiste italien . 400 ouvriers se mettent en grève et exige le départ de tout sujet italien !( au recensement de 1896, ils ne sont plus que 10).
En date du 1° mars 1914, le Syndicat des ouvriers carriers et tailleurs de pierres de Comblanchien présentent aux maîtres-carriers, un cahier de revendications, demandant principalement la journée de 10 heures de travail au lieu de 12, et une réglementation du travail aux pièces ; le patronat refuse toute négociation, et ferme les chantiers. Plusieurs escadrons de gendarmerie arrivent sur les lieux, mais se retirent après négociations avec le maire de Comblanchien. Le 22 mars, devant le Sous préfet, le Juge de paix et le Capitaine de Gendarmerie, le patronat réitère son refus. La tension monte et c’est l’affrontement entre grévistes et non grévistes. 200 ouvriers quittent le pays.
Des manifestations presque quotidiennes se déroulent à Comblanchien et Corgoloin au cours desquelles ouvriers gréviste traités de « jaunes »( le patronat ayant réouvert les chantiers ) sont conspués ; des gendarmes de Nuits accompagnent chaque soir ceux qui ont repris le travail.
La situation se durcit. Dans la nuit du 19 au 20 juin, le mûr d’une usine de Corgoloin est soufflé et une cinquantaine de vitres sont brisées.
Le patronat laisse pourrir la grève, et c’est la déclaration de guerre qui mettra fin à l’un des plus dramatiques conflit social vécu à Comblanchien.
Ces grèves n’ont pas été sans laisser des rancoeurs dans le monde ouvrier, aussi, des carriers voulant se libérer de la tutelle patronale, vont fonder, le 28 juin 1914, avec le soutien de la municipalité, une société coopérative ouvrière : la Société Française de Nouvelles carrières de Comblanchien. Elle attire de nombreux ouvriers, et compte dans les années 1920-25, 180 personnes. « C’est une grande œuvre de solidarité » dit le maire de Comblanchien.
Malgré la concurrence patronale, malgré les écueils en tout genre, les querelles internes, elle va exister jusqu’en 1983, date à laquelle elle est mise en liquidation.

Modernisation mais crise économique (1920-1939)
Aux adjudications de 1921, on dénombre six exploitants. Deux carrières sont louées par soumissions cachetées pour neuf ans, délai nécessaire pour amortir le matériel moderne engagé ;la mise à prix est de 8000 francs.
En 1928, six carrières sont louées pour neuf ans,(sauf une, 18 ans). Montant des adjudications : 5000, 38000, 50700, 99100, 6000/6300, 10000francs.
C’est en 1928-29, que se construisent deux grandes usines en bordure de la RN 74. Sont installées débiteuses, moulureuses, polissoirs, ponts-roulants etc..
En 1929, la Société Civet-Pommier occupe 20 tailleurs de pierre et 45 carriers extrayant annuellement 1800 à 2000 m3.

La crise d’octobre 1929 qui éclate aux Etats-Unis perturbe fortement les économies mondiales, et …la commercialisation de la pierre de Comblanchien, d’autant plus que celle-ci est concurrencée par les pierres étrangères exemptes de droits de douane à leur entrée en France.
Chez l’un des plus grands exploitants de Comblanchien, Civet-Pommier, le chiffre d’affaires de 1934 chute de 55% par rapport à celui de 1929. Un telle situation provoque des licenciements, et notre entreprise n’emploie plus que 33 personnes au lieu de 60 à 80 en 1929 ! Il en est de même pour les autres entreprises du site.

Pour lutter contre le chômage, on pense qu’une solide formation en matière de taille de pierres et d’appareillage peur aboutir sur des emplois, aussi sont créés en 1934, des cours professionnels afférents à ces deux matières. Arrêtés en 1939, ils reprendront en 1943 avec toutes les difficultés du moment.

Les carrières de Comblanchien n’échappent pas à la vague de grèves de l’été 1936 qui dure un mois à un mois et demi, selon les entreprises. A la Société coopérative ouvrière, le travail continue, car, selon ses statuts, les revendications doivent être appliquées, et les associés laissés 10% de leur salaire au profit des grévistes des entreprises patronales.

La seconde guerre mondiale n’est pas sans conséquences sur l’activité des carrières :manque de personnel, de matières premières, de lames d’acier pour le sciage, d’huile, de graisse ; les dépôts d’explosifs sont particulièrement contrôlés par l’occupant allemand très pointilleux. Pour toutes ces raisons, les entreprises bénéficient de réductions de loyer.

Les trente Glorieuses (1945-1975)
A partir de 1945, avec les fournitures de pierres pour la reconstruction, et jusqu’au début des années 1970, c’est l’euphorie ! A Comblanchien, cette période est appelée par les acteurs économiques les « trente glorieuses ».

C’est l’époque où le mode de calcul des loyers est, selon la loi, modifié. Le calcul tient compte d’un minimum de m3 extrait, du prix du m3 de bloc indexé sur la série de prix de la série centrale des architectes. Les nouveaux baux comportent aussi des clauses nouvelles concernant le licenciement, l’emploi de la main d’œuvre étrangère, et l’affectation d’une somme de 1% des loyers à des recherches géologiques sur le territoire communal.
En 1946, on dénombre 7 exploitants

Mouvements sociaux et récession
Les mouvements sociaux de mai 1968 apparaissent à partir du 20 mai et vont perturber l’activité jusqu’à début juin, et, déjà la dégradation du climat économique se manifeste. Diverses raisons entrent en ligne de compte : l’importation de marbres italiens qui bénéficient de facilités douanières et d’un prix de revient très attrayant, l’apparition des matériaux synthétiques (dalles plastiques), et puis, les mesures prises en 1974 par le gouvernement concernant l’encadrement du crédit qui pénalisent la trésorerie des entreprises.
Les conséquences de la récession se manifestent dès avril 1974 par des fusions d’entreprises et bien entendu par des licenciements ; d’octobre 1974 à fin 1975, 150 ouvriers (carrières et usines) sont licenciés. Au niveau du personnel des entreprises et des directions locales, les affaires sont viables, mais on dénonce l’absence de politique commerciale, et le coût énorme des sièges sociaux situés à Paris .Syndicat et personnalités politiques interviennent. Pour le premier (C.G.T), le bassin carrier peut vivre et accuse le patronat multinational « qui tranche et fait des coupes sombres ». Pour les politiques, on demande un plan de relance de la pierre dans les travaux d’humanisation des hôpitaux régionaux par exemple, et que des mesures soient prises pour éviter la fermeture des carrières, quand ce n’est pas le rachat par des sociétés multinationales qui entendent ainsi éliminer des concurrents.
Sur le plan communal, on craint les fusions d’entreprises et les inconvénients qui en résulteraient pour la population ouvrière de Comblanchien et des environs; on prend conscience également des risques de chômage qu’engendre la situation et des conséquences néfastes pour les ressources communales, et décide de tout mettre en œuvre pour la survie du bassin carrier. .
Cette situation génère plus de licenciement, mais le déclin de l’activité des carrières est amorcé. Les carrières qui occupaient 5 à 600 ouvriers vers 1960, en occupent moins d’une centaine.

L’ avenir ?
Les raisons de ce déclin sont principalement, et toujours, la concurrence étrangère qui propose des matériaux à des prix inférieurs à ceux du comblanchien, qui incluent en grands partie les frais de découvert (terre et mauvaises pierres) toujours plus élevé, qui renchérissent les prix de revient. La commercialisation des produits semi-artificiels ou d’autres produits naturels, n’est pas à exclure.
Devant cette situation, les maîtres-carriers demandent, en 1977, une minoration de leur redevance minimum qui est toujours d’actualité.

En 1992, les carrières qui avaient été louées en 1972 pour 20 ans sont de nouveau relouées pour la même période, à quatre entreprises, dont une de concassage. Les baux ont été établis avec le souci majeure d’assurer l’avenir, en valorisant au mieux la richesse des sous-sols, qui assurent, avec les entreprises qui l’exploitent, une situation financière confortable et vitale pour la commune.

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LA PIERRE DE COMBLANCHIEN, UN SUCCES MONDIAL

Quelques exemples:


▪ Le sol de la Basilique SAINT DENIS
▪ L’escalier de la Banque de France à PARIS
▪ Le hall TGV de la gare de Lyon
▪ Les escaliers de la mairie de PARIS
▪ Le hall et escaliers du ministère de l’Environnement
▪ Le palais de Justice de BRUXELLES
▪ L’ Opéra de Paris
▪ Les halls des aéroports d’ ORLY et de LA REUNION
▪ L’ Université et Faculté de DIJON
▪ L’ hôtel “CARLTON” à Cannes
▪ Le wagon de l’Armistice à Rethondes (60)
▪ Le socle de la statue de la Liberté à PARIS
▪ Le carroussel de la pyramide du LOUVRE
▪ De nombreux palais saoudiens etc…

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LES 4 ENTREPRISES DE CARRIERES DE COMBLANCHIEN

▪ Carrières Bourgogne Sud / Tél: 03.80.62.97.97 / site web
▪ Carrières et Marbreries de Comblanchien CMC / Tél: 03.80.62.94.29 / site web
▪ Les Pierres Bourguignonnes / Tél: 03.80.62.94.25 / site web
▪ La S.E.T.P / Tél: 03.80.62.73.46 / site web